La Bête sauvage

312 pages
Éditeur : Kontre Kulture

19,50

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Michel Clouscard (1928-2009) est un sociologue et philosophe français, proche du parti communiste. Professeur de sociologie à l’Université de Poitiers, marxiste, auteur de nombreux ouvrages, il a fait une critique radicale du libéralisme en prenant en compte les changements de processus de production d’abord, l’évolution de l’objet même de la production ensuite.

Second volet d’un triptyque comprenant par ailleurs Le Capitalisme de la séduction et Critique du libéralisme libertaire, Michel Clouscard se propose ici d’« étudier par quelle stratégie le capitalisme a produit la société civile, ce que Hegel appelait  la Bête Sauvage : une société qui n’est plus qu’un marché ».

Sous de Gaulle, le capitalisme d’État permet à la France de développer son infrastructure, et une politique de distribution des profits donne aux ménages la possibilité de s’équiper, créant « l’environnement qui permet aux vertus ménagères de se déchaîner, à l’enfant de bien travailler dans son coin, au père de se reposer ». Ceci fait, le capitalisme a besoin d’un nouveau marché. Le temps libéré par la mécanisation et par l’équipement des ménages deviendra sa cible : ce sera le tournant de la société des loisirs servie par l’idéologie du désir. Mais il faut pour cela passer du sérieux incarné par de Gaulle, au frivole : ce sera le rôle de Mai 68 qui mettra au pouvoir Pompidou le libéral et les idées de Cohn-Bendit, le libertaire. Dès lors, l’appareil d’État n’est plus l’émanation de l’État – qui de répressif devient permissif – mais du grand capital. La liquidation des valeurs traditionnelles devient nécessaire ; le gauchisme sera « l’instrument privilégié de cette opération : toute morale sera dite réactionnaire, ce qui permet de ridiculiser la résistance populaire, du travailleur chef de famille ». À ce stade, « la société civile tient les deux bouts : le macrosocial et le microsocial, l’État et la famille, l’instance suprême de la morale sociale et la cellule de base de sa diffusion ». C’est l’avènement de la social-démocratie qui, bien plus qu’un courant de pensée ou un parti politique, est « un concept opératoire : la gestion de la nouvelle société voulue par le capitalisme moderne ».

La Bête sauvage triomphe.

Poids 420 g

5 avis pour La Bête sauvage

  1. H2Ovive

    Bonjour,

    Est-il prévu une réédition du Capitalisme de la séduction ? Il n’apparaît plus au catalogue de KK… Préférant le commander ici que n’importe où ailleurs…

    Merci d’avance pour votre réponse. Vais déjà lire les deux autres de Clouscard : la bête sauvage et traité de l’amour fou…

    Meilleures salutations.

    • KontreKulture

      Bonjour,
      Notre maison d'édition n'a actuellement pas prévu de rééditer ce titre.
      Cordialement,
      Kontre kulture

    • pierre picot

      Ayant déjà lu (le capitalisme de la seduction) de M. Clouscard je ne le retrouve pas dans ma bibliotheque … je souhaiterais le racheter chez KONTRE KULTURE

      • KontreKulture

        Bonjour,

        Ce titre n'est pas disponible sur notre site.
        Cordialement,
        Kontre kulture

  2. vivanissabella

    Très bon livre. J’ai été surpris d’apprendre qu’il a été écris en 1983 car il demeure vraiment d’actualité.

  3. 31.thomas

    Merci de corriger ” panflet” par > “Pamphlet” dans mon dernier commentaire.
    Cdlt

  4. 31.thomas

    Livre tres enrichissant, que je re-lirais avec plaisir et recommanderai a mon entourage. Une critique tres aiguisee et plus que jamais d’actualite, Glouscard nous livre un “panflet” de haut vol.

  5. Yéti déporté au Benêtland.

    Pas de jargon, facile à lire, pas philosophique, mais pas rigolo à lire comme “Le capitalisme de la séduction”, orienté économie politique; très intéressant comme illustration de la pensée marxiste, comme le “Traité de l’Amour Fou” illustre la phénoménologie.

    La dialectique oppression productiviste / consommation permissive (voir C.d.S où Stuart Ewen Société de l’Indécence, très bonne introduction) analysée avec la méthode marxiste. Dans la perspective historique de l’évolution des “grands ordres de gestion”, du maître de forge entrepreneur autonome (libéralisme bourgeois ancien) au edge fund en passant par le capitalisme étatisé gaullien (somme toute idiot utile historiquement inévitable et nécessaire de la mondialisation). L’Histoire marquée par la montée en puissance de la société civil, l’exode rural, l’immigration faisant passer le petit village de Trénet, avec son bistrot, son église, sa fabrique familiale, sa campagne, sa tranquillité, à la ville de bobo gender, travaillant en Boeing sur écran epud5, vivant dans son quartier HQE entouré de ghettos rap/shit/kalach droitdelhommistes. Pour le Seigneur Capitaliste il faut que benêt consomme le frigo, e-connecté à la connerie, aussi vite que ce qu’il y a dedans … et qu’il attende comme un veau une journée pour acheter en premier l’ipede6, où il admirera “Les Marseillais” en haute résolution, où le fera tomber en sortant du supermarché, le temple de son Dieu, l’Enfer des chinoises asservies dans une ergastule inutile.

    Clouscard s’illusionne sur 1981 et sur le poids des communistes, et du glissement inéluctable à gauche … Il en appelle à une nouvelle anthropologie remettant en cause consumérisme et libéralisme … Pas vraiment ce qu’a fait la Ploutocratie Sexialiste. Il établit sa nouvelle définition des classes sociales (passage à lire à petite dose…) Le mondialisme crée la “couche” moyenne unique; le libre-entrepreneur devenu sous-traitant de la multinationale du edge fund, dominé par la caste unique gestionnaire médiatico politicienne qui gère le troupeau pour les Seigneurs Capitalistes (FMI, OMC etc…) Le capitalisme d’état gaullien ayant préparé cette évolution, le gestionnaire capitaliste de haut niveau est alors encore dans l’Etat (Pompidou-Macron) où le supra-étatique (Lagarde) avant d’être juste un valet de la féodalité mondiale capitaliste PISA.
    Des considérations sur le fascisme, une solution politique mais non économique (le capitalisme a hypostasié l’économique). Sans Caddie le castiste est nu, car bobo n’a plus de pays, de dieu, de peuple, qu’un supermarché pour lequel on ne meurt pas …

    Sinon en 83 Clouscard voit le socialisme arriver (par le haut de la Ploutocrate Sexialiste et le bas autogestionnaire), et il donne des conseils pour la lutte finale … La partie comique du livre, rétrospectivement … Il avait pas encore vécu la chute du mur, mais il voit la société civile omnipotente chouardiniste triompher, car la société civile serait déjà socialiste en fait, par ce travail socialisé quasi autogestionnaire! (Dans l’eschatologie marxiste, le Capital devient inutile à la fin des temps, le trader, le Seigneur Capitaliste et le castiste avec …) Des considérations sur le gauchisme “maladie infantile du communisme” (Lénine), et sur le purinement de la société civile, glu dégoulinante de pensée unique bobo, paralysant tout élan et toute idéologie, à la Tocqueville.

    Sinon Clouscard évoque aussi la possibilité de mandarins d’une “révolution culturelle”, impuissants à modifier l’économique en profondeur, dans le travail de la base, et donc qui ne peuvent que se substituer à l’ancienne oligarchie qui encadrait le troupeau, à la méthode Poutine donc. Le signifiant est alors dans l’ordre dirigeant, évolien, machiavélique.

    Clouscard, le communiste internationaliste, montre, à l’insu de son plein gré, l’erreur du chouardiniste: Ramener les grecs veut dire ramener des Léonidas et des Dieux dans une Cité, par faire une phalange mondiale de caddies autogestionnaires.

    « Tout dans l’État, rien contre l’État, rien en dehors de l’État. » Mussolini

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